samedi 5 février 2011

Éternité répétée

L'atmosphère enveloppante du Japon, ce passage vertigineux de l'éternité moderne à l'éternité traditionnel, pouvions-nous concevoir le prodige japonais en deux semaines d'éternité? Hélas non, mais sa littérature promet de nous faire découvrir à distance son génie ou plus humblement ses mystères. Je me souviens avoir vécu en solitaire une éternité de sentiments tous plus étrange les uns que les autres, chacun avec sa petite éternité, qui persiste jusqu'à cette nuit éternelle. ''Pour vivre caché, vivons heureux''. Enfin.

jeudi 3 février 2011

Pastiche


Par son message, Gabriel m'a inspirée à en publier un également. Pour une vision plus mature de mon écriture inspirée du Japon, je vous présente un pastiche du dramaturge Bernard-Marie Koltès, à partir des brouillons d'une pièce intitulée Guerre de nègres et de chiens. Le but de l'exercice était de décrire des personnages de façon très minimale physiquement et en leur for intérieur. Ensuite, il fallait les situer dans un milieu et les faire parler pour voir quel vocabulaire on leur mettrait en bouche. J'avais écrit ce texte lors d'un atelier d'écriture donné par l'écrivain François Bon en mars 2009.




Yukiko: Deux amandes parfaites au milieu du visage, fossettes aux joues, petits plis au front.




En son for intérieur: Un bouton de fleur de camélia qui éclot lentement un matin de printemps et qui recherche la douce lumière du soleil.




Kenji: Petites rides autour des yeux, ride légère au-dessous de la bouche, deux sourcils bien égaux.




En son for intérieur: De l'époque où on voit arriver l'hiver en regardant la nature s'endormir avec l'espoir de la voir renaître.




Vue d'un après-midi à Uji




Le soleil brille au-dessus du pont de la rivière Uji: il réchauffe lentement la surface de l'eau claire qui ondule au mouvement des seaux qu'on y lance pour puiser; le vent amène un parfum de thé vert fraîchement moulu qui donne une énergie profonde et un sentiment de tranquilité à ceux et à celles qui traversent le pont pour aller au marché ou pour aller prier au Biyodoin dont les phénix d'or scintillent au loin dans la lumière du soleil. Les personnages sont accoudés au pont, chacun dans ses pensées.




Yukiko: Si je pouvais, je me transformerais en grue blanche; je voyagerais très loin, je ferais de belles découvertes en longeant la rivière jusqu"à la mer; j'irais contempler cette ville du haut du Biyodoin autant de fois et aussi longtemps que je le désire; la nuit, je pourrais goûter au calme et au silence en me rafraîchissant dans la rivière tout en regardant la lune se mirer dans ce clair miroir; je plongerais à la recherche de poissons et je m'en régalerais; le plus merveilleux est que le matin, je me laisserais doucement bercer par le vent, légère comme une plume.




Kenji: Qui suis-je, où suis-je, où vais-je?, voilà la question; si cette ville est celle que je vois aujourd'hui, que deviendra-t-elle dans mille ans? Je voudrais être présent pour voir comment Uji a évolué et est à la fois restée la même; je voudrais sentir à nouveau le parfum du thé, que j'adore; l'Éternité est comme une cérémonie du thé: elle semble longue, mais on la voit passer en un éclair; c'est beaucoup mieux lorsqu'on peut profiter d'un moment et le fixer dans l'Éternité, comme l'écriture des plus beaux haïkus ou comme la chute délicate des fleurs de camélia à l'automne.




mardi 1 février 2011

À rebours

Par bonheur, je suis retombé sur ce blog en étant solliciter par un autre blog, sur lequel mes amis voulaient me voir participer. Or, c'est à ce demander s'il y a encore des gens qui lisent ce blog-ci - au cégep Marie-Victorin ou ailleurs. Ma foi, l'expérience n'était pas commune et elle n'est pas coutume. Bien sûr, nous n'étions qu'apprentis - ce qui ne rendait pas toujours les textes fabuleusement agréables à lire -, et, pour ma part, je songe à revoir tout le processus d'écriture entrepris au Japon, car la valeur de ce voyage reste indéniable, malgré une certaine solitude qui pesa lourde sur mes tristes épaules, à Tokyo comme à Kyoto. Vous épargnant pourtant ce quelconque romantisme du cœur, j'envisage plutôt parachever, en quelque sorte, par une plume légèrement plus mature, l'aventure nippone avec les réminiscences qui viennent à l'esprit.

Il faut le dire: l'étrangeté de la chose est de ne pas poursuivre notre écriture du Japon hors du Japon et de l'institution. Je désire humblement donner quelques contributions de souvenirs, en ce sens.
Je vous salue, Christian, François, etc.

(Si quelqu'un continue ou commence à lire ce blog, commentez pour que le blog reprenne vie)

mardi 25 novembre 2008

Presque un an déjà




En classant mes archives-papier du voyage au Japon, j’ai retrouvé un exemplaire du Médiavic qui contient ces photos de notre toute première levée de fonds. Reconnaissez-vous ces visages? Comme le temps a passé vite! Présentement, je me dis : « Et dire que l’année dernière, à pareille date, nous étions en pleines préparations pour ce périple mémorable. Qui sait, peut-être que nous nous reverrons dans dix ans sur une terrasse de Tokyo...










samedi 16 août 2008

lundi 5 mai 2008

Bilan d'un voyage au Japon

Voilà déjà plus de quatre mois que nous sommes revenus du Japon, nous, les apprentis écrivains. Il est donc de mise aujourd'hui de rendre compte de notre aventure à l'aide d'un bilan rigoureux et concis. Mais une chose est sûre: beaucoup d'informations doivent être organisées et traitées. C'est pour cette raison que j'ai opté pour l'élaboration d'un bilan «classique», où je développe les points forts et les points faibles de notre séjour au Japon, tout en ajoutant un certain point de vue. D'une part, je vais m'attarder à l'organisation et au contenu du voyage, et, d'autre part, je parlerai des valeurs japonaises et en ferai une petite interprétation.

Tout d'abord, en ce qui concerne l'orientation et les transports, malgré les quelques accrochages dus à la densité d'activités du pays et un certain «choc culturel», on peut dire que l'on s'en est bien sorti. Cependant, quelquefois, la grosseur des bagages causait des problèmes dans les transports en commun. Néanmoins, nous sommes toujours arrivés à destination sans perdre personne. D'ailleurs ces destinations, des hôtels et des temples en grande majorité, sont un autre point fort du voyage. Nous avons autant expérimenté le style traditionnel avec tatamis (à Kyoto) que le style moderne (à Hiroshima) ou l'hôtel en «carton» (à Tokyo). Puis, en ce qui concerne l'alimentation, la recherche des restaurants était souvent méticuleuse et ardue vu notre fatigue, mais, en définitive, nous avons mangé un bon nombre de mets typiques au Japon. De plus, plusieurs endroits nous donné une bonne idée de l'atmosphère autour de la table à l'heure des repas ( lorsque nous avons mangé chez les Komai, la belle famille japonaise de Christian, notre enseignant).

Pour ce qui est des activités et des visites, on ne peut faire autrement qu'affirmer que ce fût la grande force de cette aventures. C'était le côté le plus complet du voyage; on a vu l'essenciel de ce qui avait à voir au Japon. Au décompte, plus de neuf temples visités et une dizaine d'autres activités («shopping», marche, poterie, etc.) C'est, en quelque sorte, par ces activités que les apprentis écrivains ont pu voir et concevoir les valeurs, les moeurs, le mode de vie et l'esthétisme japonais. Et, pour rendre compte de ce que l'on voyait, nous avons élaboré un «blog». Ce «blog», ou plutôt la tâche d'écrire, est un point faible du voyage. Malgré qu'il ait été conçu avec constance, il semble que nous étions mal préparés à la rédaction de commentaires de voyage de ce genre. Le «blog» restera un très beau souvenir, mais, à la relecture, que les remarques manquent de rigueur et qu'elles sont empreintes d'une trop grande subjectivité. Pour ce qui l'atmosphère du groupe, chacun doit l'avoir senti à sa façon. Pour ma part, j'ai vu plusieurs problèmes dans l'organisation du groupe, mais je crois que c'était aussi un défi pour chacun de nous. Les conflits étaient souvent dus qu'à de la mauvaise foi, de la mauvaise conscience.

Ensuite, pour parler un peu plus du Japon en soi, j'emploierai le «je» puisqu'il s'agit d'interprétations ou de points de vue. Car, en réalité, je ne crois pas qu'il soit possible de s'immerger dans une culture en moins de deux semaines et d'en parler avec grande objectivité. Toutefois, j'ai pu comprendre certains traits culturels évidents.

En premier lieu, le caractère paradoxal de cette culture m'est apparu tout long du voyage. C'Est surtout par la comparaison entre la ville de Tokyo et celle de Kyoto que j'arrive à comprendre le combat entre la tradition et la modernité. Mais, encore plus, de voir des traits contradictoires à l'intérieur même d'une seule ville (comme l'idée du confort - à Kyoto, je dormais sur des tatamis, pourtant, au McDonald, je découvrais des toilettes chauffantes).

En deuxième lieu, il me faut bien évidemment parler de la pudeur et de la retenue des Japonais et Japonaises. La densité de population mènerait au chaos si les Japonais se conduisaient comme la plupart des Occidentaux. Pourtant, la pudeur et la quiétude sont plus qu'une nécessité sociale; elles forment l'individualité des Japonais. C'est, autrement dit, souvent un trait de caractère propre aux Japonais indépendamment qu'ils soient dans une foule ou non.

Par ailleurs, la question de l'honneur a aussi une grande importance. C'est un peu comme si l'art des samourais traversait la culture moderne. Au Japon, l'honneur de la famille occupe une place majeure. Presque toutes les familles ont un autel, chez eux, pour célébrer leurs parents défunts. Cela me mène à la facette qui m'a intéressé le plus au Japon: son esthétisme. L'esthétique est particulière et singulière; la minutie et la recherche de perfection et d'harmonie en sont les principaux acteurs. Que ce soit par le théâtre de Bunraku (de poupée) ou la contemplation d'un autel méthodiquement réfléchi, j'ai vu et j'essaie encore de comprendre la magie de cette esthétique. Après tout, sans le Japon et ses estampes, il n'y aurait pas eu un aussi bon Van Gogh...

En définitive, je ne peux parler que positivement du voyage, malgré une certaine amertume. Mon système digestif d'occidental n'était pas accoutumé à cette culture orientale, au figuré et concrètement (lorsque je mangeai des sushis à 7 heure du matin). C'est pourquoi je digère encore, aujourd'hui, cette aventure qui marque une vie, et la déplace. Mais je vous rassure, il n'est pas obligatoire d'aller si loin pour faire un voyage. «Le voyage de mille lieues commence par un pas» - Lao-tseu

Monsieur T.

vendredi 2 mai 2008

Aventure nippone

Mon voyage est séparé en trois parties: avant, pendant et après, auxquelles je rattache des sentiments distincts : la peur, l’étonnement et l’appréhension.

Avant de partir, j’avais beaucoup de doutes sur l’appréciation de mon voyage : je n’aimais pas le soya, je n’avais aucun repère sur la langue japonaise ou très peu, il me semblait qu’on allait voir que des temples et c’était la première fois que je partais en voyage avec des professeurs. Il me semblait aussi que l’itinéraire n’était pas encore complètement structuré ou organisé et j’avais très peur qu’on se retrouve sans moyen, au milieu du Japon.

Lorsque nous sommes arrivés à Tokyo, j’ai eu peur que ms doutes se confirment : le quartier dans lequel notre hôtel se trouvait me paraissait très louche!

C’est au courant des jours suivants que j’ai commencé à saisir l’environnement dans lequel je me trouvais –en grande partie parce que je guérissais de mon rhume! Et j’ai été frappée par le nombre stupéfiant de paradoxes qui habitaient le Japon.

J’ai été grandement marquée par le souci des Japonais pour l’environnement. Il me semblait qu’ils avaient mis en place beaucoup de structures et de moyens pour économiser l’eau, gérer les déchets, réduire les gaz à effet de serre, etc., mais d’un autre côté, leur niveau de consommation était phénoménal : la mode était présente partout, des magasins à – plus que – grande surface (!) était présents à presque tous les coins de rue, leur voiture n’avait pas plus d’une demie-douzaine d’années… c’était ahurissant de voir combien, dans un sens, ils étaient écologiques et dans un autre, comment ils consommaient.

Le deuxième paradoxe qui m’a frappé –et peut-être plus que si je n’avais pas été malade- est celui du bruit et du silence. À Shibuya surtout, où à une intersection, trois écrans géants gueulaient leurs publicités simultanément, en plus du bruit des voitures, des indicateurs sonores pour les traverses de piétons, les voitures qui défilaient pour promouvoir le nouveau disque d’une chanteuse pop, les pachinkos… le bruit était partout… sauf à l’intérieur des wagons où il y avait un étrange silence!

À Kyoto, un autre paradoxe, moins présent qu’à Tokyo, m’a étonné : celui de la technologie et de la tradition. Le temps des fêtes marquait encore plus la lutte qu’elles se livraient. Dans les rues, les gens se promenaient en kimono alors que des voitures nouvellement inventées se stationnaient à leur côté. Des immeubles à l’architecture incroyable côtoyaient des maisons typiquement japonaises… Et alors que le Japon s’ouvre à la face du monde, les Japonais sont précieux de conserver leurs cérémonies et leurs traditions qui font parties de leur quotidien.

Finalement, bien que je sache que tous les pays ont quelque chose de particulier, il me semble que le choc culturel ne pourra jamais être aussi grand et marquant que celui que j’ai vécu au Japon. Mes futurs voyages ne risquent pas de perdre en richesse, mais après avoir découvert une culture si étrangère à la mienne, mes surprises risquent d’être moindre.
Marilyne Léveillé

Premier voyage

Un voyage, c’est plus que le simple fait de changer de ville, de pays, c’est s’éloigner de son petit monde pour se rapprocher de soi-même et des autres.

Tout d’abord, il y a cet état d’esprit dans lequel on se trouve lorsque l’on franchit pour la première fois la frontière de l’inconnu et que l’on se retrouve à mille lieux de chez soi dans un univers complètement différent, saisi par le choc d’une rencontre entre deux cultures qui ne semblent pas, aux premiers abords, avoir beaucoup de points communs…
Toutes les appréhensions du départ sont présentes : pourquoi avoir quitté son monde? Pourquoi être venu ici, loin de tout ce que l’on connaît et de ceux que l’on aime? Supposément que pour tout premier voyage, il y a ce doute en plus du baptême de l’avion… Là aussi, il y a une certaine crainte, une certaine appréhension qui s’envole en même temps que l’avion. Malgré la grande distance qui sépare New-York du Japon, tout se passe bien puisque aller vers l’inconnu éveille une certaine curiosité de plus en plus palpable au fil du temps qui passe et du pays qui approche… Une sorte d’adrénaline nous envahit lorsque l’avion se pose et que l’on met enfin pied à terre. Néanmoins, il y eut une certaine déception à l’arrivée puisque cela ne répondait pas à mes attentes… on ne sait jamais ce à quoi réellement s’attendre de toute façon, mais il faut dire que les longues heures en avion épuise et nous rend quelque peu lasse. Nous ne sommes jamais dans les meilleures conditions après tout ce temps, la fatigue dans le corps, il est donc normal de ressentir quelques craintes, surprises, angoisses, surtout lorsque l’on est accueilli par un quartier assez douteux où des sans-abri nous font de grands sourires avec quelques dents manquantes…

Une bonne nuit de sommeil et la visite du premier temple fait rapidement oublier l’arrivée rocambolesque. Bientôt, c’est toute la beauté du pays qui s’épanouit sous nos yeux, la nuit ayant laissé place au soleil éclatant et notre appréhension à la plus grande excitation. Après s’être familiariser avec les lieux, vient la barrière de la langue. Elle est là certes, mais elle n’empêche nullement les Japonais d’être des plus agréables compagnies. Leur hospitalité et leur gentillesse sont vraiment sans bornes. On voit sans cesse leurs dents blanches à forces de sourires indulgents et polis. Arriver chez eux, c’est réellement aboutir dans un autre monde. On a beau essayer de rentrer dans leur bulle, on se sentira toujours un peu à part quoique toujours les bienvenus. Il est assez drôle lorsque l’on s’imagine comme dans un autre univers où l’on est en vacances et où l’on vient découvrir un pays inconnu. Pourtant, eux, ils vivent là. Les gens que l’on rencontre dans le métro vont à l’école ou travailler. Pour eux, c’est le quotidien, pour nous, c’est l’aventure.

Il y a aussi la densité de la population qui amène le sentiment que l’on n’est jamais seul. Les rues de Montréal, par la suite, semblent bien désertes… Toutefois, on a beau être sans cesse entouré d’un million de personnes, on peut encore se sentir seul puisque, bien qu’il y ait des centaines de conversations aux alentours, on ne peut en suivre aucune. De plus, paradoxalement, c’est calme et silencieux. Les gens parlent mais ne sont pas agités, ne font pas exprès pour attirer l’attention sur eux… et pourtant ils le font dans leur habillement, dans leur style. Ils sont d’un calme poli et le silence est très respecté. Avoir une population aussi dense à Montréal créerait un vrai chaos…

Il existe plusieurs autres paradoxes, d’autres contradictions dans les mœurs japonaises : entre autre, il y a la modernité face à la tradition. Le Japon est sans aucun doute le plus perfectionné des pays par rapport à la technologie, surtout en ce qui concerne Tokyo, mais c’est aussi un pays très axé sur la tradition, les cérémonies, le respect des autres et de la nature… Il est difficile pour nous de capter et de comprendre leur façon d’agir puisque nous ne venons pas de cette partie du monde. Kyoto est l’une des villes les plus intéressantes justement parce que c’est surtout là que l’on retrouve les traces de la tradition : les maisons traditionnelles et tous les temples. Il a été des plus instructifs et des plus amusants de faire l’expérience de vivre dans une maison traditionnelle pendant plus d’une semaine et pour avoir été inviter à partager un repas chez des Japonais, il faut avouer s’être totalement épris de leur hospitalité et de leur raffinement tellement différent de ce que l’on peut trouver par chez nous. La nourriture, quant à elle, est exquise avec un certain goût de rêve éveillé.

En effet, deux semaines dans un pays aussi « oriental » que le Japon, ce n’est qu’une infime parcelle de tout ce qu’il y a à découvrir dans ce coin du monde. On prend rapidement goût à cette nouvelle vie où l’inconnu nous attend au détour de chaque rue et de chaque temple. Ce n’est qu’une fois de retour chez soi que l’on ouvre les yeux sur la beauté que l’on a quittée et sur l’aventure qui a vu le jour lors de la rencontre de deux mondes. Au retour, l’adrénaline revient ainsi qu’une nouvelle appréhension : celle de retourner vivre sa routine après un aussi beau rêve. Parce que oui, tout semble être un rêve une fois revenu dans son monde. Après tout, que représentent deux semaines dans toute une vie ? Certainement pas grand chose, mais sûrement un beau rêve que l’on chérira toute sa vie, un rêve qui fut réalité l’espace d’un moment et même s’il fut trop court, personne n’oublie son premier voyage.

Marilyne Chouinard

mercredi 26 mars 2008

Le bilan de mon voyage

Mon expérience de deux semaines au Japon, laquelle a passé trop vite à mon goût, m’a permis de me plonger dans une culture millénaire empreinte de sagesse. En plus, j’ai tiré de belles leçons de ce très agréable séjour au pays du Soleil levant. Il y en a deux en particulier que j’ai retenues. La première est qu’il est possible de relaxer, même dans une société très industrialisée. La seconde leçon que je retiens, même si je la connaissais déjà d’un point de vue « occidental », dit qu’il faut admirer la beauté et trouver le bonheur dans la simplicité ainsi que dans les petits gestes quotidiens.

Tout d’abord, le calme de la population japonaise m’a beaucoup surprise, surtout dans une grosse ville industrialisée comme Tokyo! Les habitants du Japon sont très polis et leur étiquette veut qu’ils n’expriment pas leur impatience en public. Alors, on n’entend aucun cri et on ne voit aucune bousculade de la part de personnes pressées. Immergée dans cette foule calme, je me sentais bien. Puisque le Japon est très populeux, le chaos s’installerait s’il fallait que tout le monde soit impatient. Comme le disait si bien monsieur Braën, « remplacez tous les japonais par un même nombre de Parisiens et vous verrez une différence énorme ». La leçon que je retiens de tout cela est que même dans un pays industrialisé axé sur la vitesse et sur la haute technologie, il est possible de relaxer. Au fond, ce sont notre stress et notre rythme de vie effarant qui sont les moteurs des bousculades et des engueulades desquelles nous sommes souvent témoins.

Ensuite, au pays du Soleil levant, les gens apprécient la beauté dans les petits gestes quotidiens et dans la simplicité. Ici, j’ai appris cette leçon au sens où les services, les câlins et bisous, les bons mots de bonjour et d’encouragement ainsi que les sourires sont beaux et font le bonheur de tous. Là-bas, la beauté simple est plus profonde. Les activités quotidiennes y sont si importantes qu’elles revêtent un caractère sacré. Par exemple, lorsque les Japonais prennent un moment de leur journée pour boire du thé, ils le transforment en cérémonie. Un maître de thé prépare la précieuse boisson et remplit des bols fumants avec des gestes d’une grande précision et d’une grande délicatesse ainsi que des instruments (fouet, cuiller, bouilloire, bols) magnifiques dont les couleurs et l’emplacement diffèrent à chaque saison. Cette cérémonie est empreinte d’une transcendance qui permet de relaxer et d’oublier, pendant quelques instants, le quotidien tumultueux qu’on vient de quitter pour pénétrer dans un autre univers, celui du thé. Pour nous c’est tout l’opposé : il nous faut des grands protocoles avec tambours, trompettes, grands spectacles, défilés, feux d’artifices et discours pour parler de cérémonies. Sinon, la seule cérémonie qui nous est sacrée est la célébration de la messe. De plus, la beauté simple japonaise se retrouve dans l’architecture et dans les jardins. En effet, au pays du Soleil levant, on aime beaucoup les bâtiments anciens et patinés arborant des couleurs sombres. Concernant les jardins, ce sont, pour la plupart, des jardins de pierres ou de mousses. Cette simplicité est magnifique et apaisante. Par contre, le Kinkakuji est le symbole par excellence de l’extravagance : depuis qu’il a été reconstruit, les Kyotoites détestent ses dorures trop brillantes et ils n‘aiment plus du tout ce temple. En somme, la beauté simple à travers les petits gestes du quotidien transformés en cérémonies et à travers l’architecture discrète des temples et des jardins m’a beaucoup plu.

Enfin, je tiens à dire que le voyage que j’ai vécu au Japon a été très enrichissant. Il est certain que j’en ai tiré des leçons, mais il reste encore beaucoup de choses à apprendre de la sagesse nippone. J’ai tellement aimé ce pays que j’ai envie d’y retourner un jour.

ありがと ございます!
Merci!

ノエ ミ
Noémie

samedi 12 janvier 2008

Retour à Montréal

Nous sommes de retour au Québec. Prenez notes que d'autres messages seront publiés au cours des prochaines semaines. Et pour l'instant, pour ma part, je me remet du décalage horaire et du choc culturel. Merci à nos lecteurs! Un petit contact avec nos proches, nos amis, fait toujours du bien en voyage.

mercredi 9 janvier 2008

Shinkansen... de retour vers Tôkyô

Miyajima: sanctuaire Itsukushima




Mot du jour...

Noémie

Aujourd’hui, je n’ai pas de mots précis pour décrire ce que j’ai vu au Musée de la Bombe de Hiroshima. Ce musée, qui explique le largage de la première bombe atomique ayant eu lieu le 6 août 1945, est à la fois très intéressant et très émouvant. On peut y voir des artefacts que la bombe-ce qui est étonnant- a épargnés, dont des montres qui se sont arrêtées à 8h15 du matin (heure exacte de l’explosion) , une boîte à lunch et un tricycle. De plus, on y retrouve des vestiges tels des morceaux de toits ou encore une cheminée. Ce qui émeut, c’est le fait de savoir que « Little Boy » (la bombe) est tombée en détruisant un quartier tranquille sur son passage et en faisant un nombre ahurissant de victimes innocentes qui sont mortes sur le coup ou qui ont eu une grave maladie suite aux radiations. Après la catastrophe, les Américains avaient promis que plus jamais il ne se reproduirait une telle chose…

Lors de ma visite, une chanson sur la paix m’est venue à l’esprit. Elle est de Francine Raymond et s’intitule « Pour l’amour qu’il nous reste ». Voici les paroles qui font le plus penser à la catastrophe, qui s’est passée soudainement par une belle journée, et qui a fait que tout un quartier fut dévasté par des radiations qui ont tout incendié sur leur passage :

« Temps,
Dans le lit défait des rivières fatiguées,
Temps,
Dans le ciel muet comme un grand glacier

Quelle chanson,
Quelle saison,
Calmera la pluie sur la terre brûlée

Je ne sais pas,
Le temps seul soufflera
Au-delà des tranchées que l’on creuse en silence,
Le vent se lève comm’ dans un mauvais rêve,
La terre crève et soulève
Des rivières de sang… »

(« Pour l’amour qu’il nous reste », première partie, paroles et musique :Francine Raymond et Christian Péloquin, 1989)


Mot du jour de Marilyne C: The viewfinder clouded with tears.

Hiroshima. Quand on pense à cette ville, certainement, elle nous évoque l'image de la bombe atomique de 1945. Cest par ailleurs un silence de mort qui régnait au musée de la bombe lorsque nous sommes allés le visiter.
Terreur desolation, souffrance, cauchemar. Combien d'autres synonymes s'ajoutent à la liste? A peu pres autant qu'il y a de noms sur celle des victimes de ce carnage, maintenant dans un coffre au parc de la paix.
Le musée nous sensibilise au drame de façon tres émouvante, racontant l'histoire de gens en particuliers qui ont été victime de la bombe de près ou de loin. Il y a, entre autres, celle d'une personne assise sur les marches devant la banque, attendant l'ouverture lorsque la bombe retentit. La victime a dû être désagrégée entièrement, ne laissant derrière elle qu'une grosse tache sombre, telle une ombre sur les marches du perron.
Cest tout aussi horrible lorsqu'il s'agit denfants brûlés vifs ou atteints d'un cancer provoquer par la bombe comme cela a été le cas pour une fillette qui aimait faire de l'origami. Aujourdhui on retrouve de ces oiseaux en papier partout à Hiroshima et ce sont les enfants d'une ecole qui ont fait eriger une statut pour les enfants atteint de maladies reliees au effets de la bombe. Tous les ans, des enfants des écoles des villes voisines de Hiroshima montrent qu'ils se souviennent et veulent préserver la paix en envoyant de ces papiers muticolores en forme d'oiseaux.
Mais ce nest pas la seule histoire, il en existe encore beaucoup d'autres...
Celle qui m'a le plus touchée est celle de Yeshito Matsushige, un homme qui photographiait sur place des scènes de terreur. En fait, il n'a pris qu'une seule photo et à partir de cela, il a écrit un roman. La photo est exposée au musée avec la note ci-dessous:

Immediately after de bombing, I fought with myself for 30 minutes before I could take the first picture. After taking the first, I grew strangely cal and wanted to get closer. I took about ten steps forward and trued to snap another, but the scenes I saw were so gruesome my viewfinder clouded with tears.

" The Viewfinder Clouded With Tears, written by Yeshito Matsushige"


Mirka

Mes profs et mes collègues en lettres et moi sommes allés au Parc de la paix et le musée de la bombe à Hiroshima le 8 janvier.

En voyant les écritaux dans le parc, j'ai su que la bombe d'Hiroshima a été lancée le 6 août 1945 à 8:02. Cette bombe a explosé à 580 m au dessus d'un hôpital, ce qui a entraîné la destruction complète du quartier Sarugaku-cho. Le dôme de la bombe A est la seule bâtisse intacte.

Une petite fille de 2 ans dénommée Sadako Sasaki a été exposée aux radiations de la bombe et elle est morte de leucémie quand elle n'avait que 12 ans. Sa vie s'est arrêtée avant même d'avoir commencé.

La bombe de Nagasaki a été lancée le 8 août 1945 à 11:02.

Il est important de mentionner que plusieurs enfants exposés aux radiations ont entrainé des décès à la naissance, des déficiences intellectuelles et des malformations physiques.

mardi 8 janvier 2008

Hiroshima



Repas du jour à Hiroshima, okonomiyaki


rien pour l'instant

Mot du jour...

Mot du jour de Noémie : théâtre

Ce soir, nous sommes allés au Bunraku National Theatre d’Osaka. Le bunraku consiste en un théâtre de marionnettes dont le répertoire de pièces est très sérieux et très codifié, alors les enfants ne pourraient pas le comprendre. Chaque marionnette prend vie grâce à trois personnes qui la manipulent. Le premier marionnettiste s’occupe de la tête et du bras droit, le deuxième du bras gauche et le dernier, des jambes. Sur le côté droit de la scène, il y a des récitants qui font parler les marionnettes. Pour les accompagner, il y a des joueurs de shamisen (instrument à trois cordes japonais). À chaque acte, de nouveaux récitants et joueurs de shamisen se présentent sur scène. Comme le dit le professeur Tetsuzô Abé dans son traité La poupée, l’âme habillée, la marionnette est comme une «âme habillée», c’est-à-dire que ce n’est qu’un assemblage de pièces de bois auquel on fixe une tête et qu’on recouvre d’un vêtement. Sans le génie des marionnettistes, des récitants et des joueurs de Shamisen, elle ne peut ni bouger ni s’exprimer, donc elle n’est qu’un corps de bois recouvert de tissu.

La pièce à laquelle nous avons assisté raconte l’histoire d’un jeune guerrier japonais nommé Watônai. En se promenant sur une plage avec son épouse, il rencontre une princesse chinoise qui vient d’être déportée parce que la dynastie Ming vient d’être détrônée par les Tartares. Watônai lui promet de faire tout ce qui est en son pouvoir pour chasser les Tartares et pour restituer la dynastie Ming. En Chine, il lui arrive toutes sortes de malheurs et d’aventures : entre autres, il se bat contre un tigre féroce et il voit sa demi-sœur lui annoncer que son mari refuse de collaborer à la destitution de la dynastie Ming. La fin du récit est très triste, mais elle est belle. Enfin, je me suis bien amusée et la pièce m’a beaucoup plu.


Mot du jour de Gabriel : Poupée vivante

Certaines personnes revenaient de chez Tan-Tan Noodle Shop – Christian, François, Noémie, Mirka et moi – et d’autres venaient de se faire photographier en Maïko – les Marilyne. Nous étions dans le métro, direction Bunraku, et Marilyne C. avait encore un peu de maquillage sur le visage. L’expérience du métro restait la même : banc chauffant, somnolence ou encore un peu de stress (trouver son chemin au Japon est quelquefois compliqué). Arrives au théâtre national du Bunraku à Osaka, nous avons enfin rencontré Monsieur Abé. Je dis ‹‹enfin››, car son texte ‹‹La poupée, l’âme habillée›› m’avait particulièrement plu lorsque je l’avais lu la veille : ‹‹On a beau démonter la mécanique de la poupée, le dynamisme de son acte est une germination du vide.›› - Tetsuzô Abé. Ce fut un spectacle sans pareil en occident, en Amérique.

L’histoire de cette pièce, digne des grandes tragédies classiques, était celle de deux femmes se suicidant pour le renouvellement d’une dynastie. Les décors en deux dimensions donnaient pourtant beaucoup de profondeur, de perspective, à la scène. Les poupées s’animaient au son de la voix du récitant et de la guitare à trois cordes, le shamisen. Tous n’ont pas pu savourer ce spectacle, soit puisqu’ils digéraient les nouilles ramen du Tan-Tan, soit par fatigue accumulée. Ces heures de Bunraku, malgré la longueur de l’œuvre, restent tout de même une expérience cristallisée.

Le souper de Monsieur T. :
Le bœuf japonais cuit sur un BBQ coréen est un pur délice pour la bouche; les nombreuses veines de gras donnent l’impression, à Monsieur T., d’une viande littéralement liquide en bouche.


Mot du jour de Marilyne C: Flamboyant

Dire que ce matin était le seul ou nous pouvions dormir un peu... le planning a pourtant vite changé. Pourtant, rien en ne nous invitait à sortir, le ciel était nuageux, le temps, gris, et une fine pluie éclaboussait les fenêtres. Toutefois, Marilyne et moi devions sortir car nous avions un rendez-vous important ce matin, un rendez-vous au coeur même de la tradition japonaise. Nous allions, le temps de prendre des photos, revêtir des kimonos, telles les Maiko, les apprenties Geisha.
C est donc avec ravissement que nous avons vu la journée grise se transformer en couleurs flamboyantes en voyant la variété de kimonos aux couleurs chatoyantes, tous plus beaux les uns que les autres, qui nous attendait au studio.

On a eu droit au rituel complet le maquillage blanc jusque dans le dos, le nombre invraisemblable de couches de tissus à mettre sous le kimono sans oublier le obi, la ceinture dont la couleur ne se marie pas tres bien avec celle du kimono et sans oublier la perruque qui agrementait le tout. C est simple, Marilyne et moi, on ne se reconnaissait plus! Mais le résultat, sans aucun doute, était flamboyant.
Flamboyant, c est aussi la grandeur du sentiment ressentis quand on voit en vrai ce personnage célèbre et incroyable qu'est la Geisha, et plus encore lorsque c'est notre visage qui devient blanc et que c'est nous qui portons l'un de ces kimonos flamboyants!


Mot du jour de Marilyne L: Photo souvenir

C’est en passant devant un magasin de photographie où quelques photos de filles en kimono était affichées que j’ai eu l’idée d’aller me faire photographier. Grâce à Miyako qui a trouvé un centre de photographie –mille fois merci-, j’ai pu, en plus de me faire photographier en kimono, me faire maquiller en Geisha et en apprendre un peu plus sur ce monde mystérieux.

C’est de cette façon que j’ai pu constaté à quel point devenir une geisha –sur le plan physique- était complexe. Il a fallu environ 15-20 minutes pour me maquiller le visage et le cou et au moins le double pour m’habiller. Et encore! Cela ne comprend pas le temps de préparation avant cette séance de photo où j’ai dû revêtir une mince jaquette ni le temps où j’ai dû choisir mon kimono ou le temps qui a fallu pour choisir et me mettre la perruque de geisha.

La première étape de l’habillement était d’abord de revêtir soi-même une jaquette. Le reste de l’habillement se faisait par une employée du centre. Il y a eu tellement d’étape qu’il est un peu difficile de toutes les énumérer ici mais il y avait au moins quatre couches de vêtements à porter avant d’arriver au kimono et ensuite, c’était le obi –la ceinture!


Mot du jour par Mirka: esthetique

Je suis allée à Osaka pour voir le théâtre Bunraku et la pièce debutait à 16 heures. J'ai eu la chance de connaitre Monsieur Abbe et il nous a expliqué le fonctionnement du Bunraku. Peu de temps avant de debut de la pièce, il a eu la générosite de nous donner du thé vert et des sushis qu'on pouvait manger pendant l'entracte. Il y a eu 3 entractes et nous en avons mangé à la deuxième. Heureusement que l histoire a été traduite en francais sinon je n'aurais rien compris de la piéece. Ce qui m'a le plus marquée sont la scéene du suicide et le combat avec le tigre.

lundi 7 janvier 2008

Dans les coulisses du Bunraku


Monsieur Abe nous fait visiter les coulisses du théâtre Bunraku d'Osaka.

Repas du jour chez Tan-Tan et yakiniku



Maïko...




Marilyne et Marilyne... en maïko...